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Nos forêts sont-elles à l’abandon ? Ce que cache vraiment l’impression de « laisser-aller »

Retour 27 février 2026

Il y a quelques années encore, se promener en forêt donnait souvent l’impression d’évoluer dans un décor soigneusement entretenu. Les troncs tombés étaient rapidement débités, les branches dégagées des sentiers, les sous-bois paraissaient « propres ». Aujourd’hui, beaucoup de marcheurs partagent le même sentiment : des arbres couchés restent au sol, des amas de branches s’accumulent, certains chemins semblent moins dégagés. Faut-il y voir un abandon ? Une négligence ? Ou bien un changement plus profond dans la manière de gérer nos forêts ?


Ce ressenti n’est pas une illusion. Il correspond à une évolution bien réelle des pratiques forestières en France, notamment dans les massifs publics gérés par l’Office national des forêts. Depuis une vingtaine d’années, la gestion forestière ne vise plus uniquement la production de bois ou l’esthétique des paysages. Elle intègre désormais de façon centrale la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique.


Nos forêts sont-elles à l’abandon ?


Le bois mort : d’un déchet à un allié écologique


L’un des changements les plus visibles concerne le bois mort. Longtemps considéré comme un résidu à évacuer, il est aujourd’hui reconnu comme un élément clé de l’écosystème forestier. Un tronc en décomposition devient un habitat pour les insectes saproxyliques, un garde-manger pour certains oiseaux, un support pour les champignons et les mousses.


Il contribue aussi à enrichir le sol en matière organique et à retenir l’humidité lors des périodes sèches. Autrement dit, ce qui peut sembler « en désordre » à l’œil du promeneur participe en réalité à la santé globale de la forêt.


Une gestion encadrée, pas un abandon


Il n’existe aucune réglementation interdisant d’enlever les arbres tombés. En revanche, les orientations issues du Code forestier et des plans de gestion durable encouragent à conserver une certaine quantité de bois mort. Cette approche s’inscrit dans une logique multifonctionnelle : produire du bois, accueillir le public, protéger les milieux naturels.


Les interventions sont planifiées sur des cycles longs, parfois sur plusieurs décennies. Une forêt n’est pas entretenue comme un jardin public : elle évolue selon des dynamiques biologiques que les forestiers accompagnent plutôt qu’ils ne contraignent systématiquement.


Des forêts fragilisées par le climat


À cette évolution s’ajoute un contexte climatique préoccupant. Tempêtes, sécheresses répétées, attaques d’insectes ravageurs et dépérissement de certaines essences bouleversent les équilibres. Les équipes forestières doivent parfois prioriser les coupes sanitaires ou la sécurisation des zones très fréquentées, plutôt que le « nettoyage » visuel des sous-bois.


Les moyens humains et financiers ne sont pas extensibles, et les choix d’intervention répondent à des priorités écologiques et de sécurité.


Sécurité des sentiers : une distinction importante


Il est également essentiel de distinguer l’intérieur des parcelles forestières des sentiers balisés. Lorsqu’un arbre représente un danger immédiat pour le public, il est généralement traité rapidement. En revanche, un tronc tombé à l’écart peut volontairement être laissé sur place pour favoriser la biodiversité.


Changer de regard sur la forêt


L’impression de laisser-aller traduit surtout un changement de philosophie. La forêt contemporaine n’est pas moins gérée ; elle est gérée autrement. Moins comme un espace paysager « propre », davantage comme un écosystème vivant, complexe et parfois chaotique.


Accepter cette apparente désorganisation, c’est comprendre que la nature ne fonctionne pas selon nos critères esthétiques. Derrière les branches au sol et les troncs couchés se cache une forêt en transformation, qui cherche à s’adapter aux défis écologiques d’aujourd’hui et de demain.

 

Jean-Luc Admin Coodoeil février 2026©