Dans l’écosystème foisonnant des musiques indépendantes françaises, la scène nantaise s’impose depuis plus d’une décennie comme un laboratoire électrique où le rock s’invente au présent. C’est dans ce terreau fertile qu’émerge MECHUTA, duo atypique formé en 2014, dont l’approche radicale et artisanale redessine les contours d’un format minimaliste : basse — batterie. Une équation simple en apparence, mais que les deux musiciens transforment en véritable architecture sonore.
Dès ses débuts, MECHUTA s’inscrit dans une logique d’expérimentation. Le projet repose sur une idée forte : faire beaucoup avec peu. Derrière cette formule se cachent Renan et Yann, deux musiciens aguerris issus d’horizons variés — funk, rock, expérimental — qui décident d’unir leurs forces pour explorer les marges. Sur scène comme en studio, Renan développe un dispositif singulier : une basse customisée dont le signal est scindé afin de produire simultanément des textures de guitare et de basse, brouillant ainsi la frontière entre les disciplines. Face à lui, Yann érige une charpente rythmique dense, faite de grooves organiques et de fractures syncopées.